La rentrée rime chaque année avec la même question dans les services RH et paie : quel salaire minimum verser à un alternant ? La rémunération alternance ne se négocie jamais au doigt mouillé. Elle obéit à une grille précise, fixée par le Code du travail, et parfois surclassée par une convention collective plus favorable. Faisons le point sur ces minima, fraîchement revalorisés suite à la hausse du SMIC intervenue en juin 2026.
Rémunération alternance : un principe fixé par la loi, pas par l’employeur
Contrairement à une idée reçue, la rémunération alternance n’est pas un forfait fixe décidé par l’entreprise. Elle correspond à un pourcentage du SMIC, ou du salaire minimum conventionnel (SMC) de la branche quand celui-ci s’avère plus favorable. Deux paramètres pilotent ce calcul :
- l’âge de l’alternant au premier jour de sa période d’exécution de contrat ;
- l’année d’exécution du contrat pour un apprenti, ou le niveau de qualification pour un salarié en contrat de professionnalisation.
Ainsi, un même jeune verra sa rémunération alternance progresser mécaniquement à chaque anniversaire ou à chaque nouvelle année contractuelle. L’employeur ne peut donc jamais descendre sous ce plancher, sauf à s’exposer à un redressement ou à un contentieux prud’homal.
La hausse du SMIC au 1ᵉʳ juin 2026 revalorise toute la grille de rémunération alternance
Le 1ᵉʳ juin 2026, le SMIC a bondi de 2,41 % suite au déclenchement du mécanisme de revalorisation automatique en cours d’année. Concrètement :
- le SMIC horaire brut passe de 12,02 € à 12,31 € ;
- le SMIC mensuel brut atteint 1 867,02 € pour 35 heures hebdomadaires, contre 1 823,03 € auparavant.
Par ricochet, chaque minimum de rémunération alternance calculé en pourcentage du SMIC augmente lui aussi. Autrement dit, tous les bulletins de paie des alternants doivent être vérifiés dès le mois de juin 2026, faute de quoi l’entreprise verse une rémunération inférieure au seuil légal sans même s’en rendre compte.
Grille de rémunération alternance pour un contrat d’apprentissage
Pour un apprenti, la rémunération alternance dépend uniquement de l’âge et de l’année d’exécution du contrat. Le diplôme visé, lui, n’entre pas en ligne de compte.
Apprentis de moins de 21 ans : la grille de rémunération alternance
Voici les pourcentages du SMIC applicables, avec leur équivalent en euros brut mensuels depuis le 1ᵉʳ juin 2026 :
| Âge | 1ʳᵉ année | 2ᵉ année | 3ᵉ année |
|---|---|---|---|
| 16 à 17 ans | 27 % (504,10 €) | 39 % (728,14 €) | 55 % (1 026,86 €) |
| 18 à 20 ans | 43 % (802,82 €) | 51 % (952,18 €) | 67 % (1 250,90 €) |
Par conséquent, un apprenti mineur de première année perçoit un peu plus de 500 € brut par mois, tandis qu’un jeune de 20 ans en troisième année dépasse déjà les 1 250 € brut.
Apprentis de 21 ans et plus : rémunération alternance ou salaire conventionnel, le plus favorable l’emporte
À partir de 21 ans, la donne change légèrement. Le Code du travail impose de comparer deux montants et de retenir le plus avantageux pour le salarié :
| Âge | 1ʳᵉ année | 2ᵉ année | 3ᵉ année |
|---|---|---|---|
| 21 à 25 ans | 53 % (989,52 €) | 61 % (1 138,88 €) | 78 % (1 456,28 €) |
| 26 ans et plus | 100 % (1 867,02 €) | 100 % (1 867,02 €) | 100 % (1 867,02 €) |
Dès 21 ans révolus, l’apprenti touche donc soit le pourcentage du SMIC indiqué ci-dessus, soit le salaire minimum fixé par la convention collective applicable à son poste, si ce dernier grimpe plus haut. Un apprenti de 26 ans ou plus perçoit quant à lui un salaire au moins égal au SMIC, quelle que soit son ancienneté dans le contrat.
Grille de rémunération alternance pour un contrat de professionnalisation
En contrat de professionnalisation, la logique diffère légèrement. Ici, le niveau de qualification remplace l’année d’exécution comme second critère de calcul.
| Âge | Qualification inférieure au bac professionnel | Qualification égale ou supérieure au bac professionnel |
|---|---|---|
| 16 à 20 ans révolus | 55 % (1 026,86 €) | 65 % (1 213,56 €) |
| 21 à 25 ans révolus | 70 % (1 306,91 €) | 80 % (1 493,62 €) |
| 26 ans et plus | Au moins égal au SMIC, sans descendre sous 85 % du SMC | Au moins égal au SMIC, sans descendre sous 85 % du SMC |
Sauf accord de branche ou clause contractuelle plus généreuse, ce barème s’applique intégralement dès la signature du contrat de professionnalisation, et évolue à chaque changement de tranche d’âge.
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Quand la rémunération alternance conventionnelle prend le dessus sur le SMIC
Beaucoup de branches professionnelles négocient des minima plus élevés que ceux du Code du travail : hôtellerie-restauration, coiffure, esthétique ou encore certaines conventions du secteur médico-social. Avant de fixer une rémunération alternance, mieux vaut donc systématiquement croiser le barème légal détaillé plus haut avec le salaire minimum conventionnel (SMC) lié au code IDCC de l’entreprise, ainsi qu’avec d’éventuelles clauses contractuelles ou accords d’entreprise plus favorables. Au final, le montant le plus élevé des trois s’impose toujours à l’employeur.
Non-respect de la rémunération alternance : quels risques pour l’employeur ?
Verser une rémunération alternance inférieure au minimum légal expose l’entreprise à plusieurs conséquences. L’alternant peut saisir le conseil de prud’hommes pour réclamer un rappel de salaire, assorti le cas échéant de dommages et intérêts. L’Urssaf, de son côté, peut également requalifier la situation lors d’un contrôle. Pour aller plus loin sur les sanctions encourues en cas de rémunération inférieure au SMIC, notre article dédié détaille les dommages et intérêts liés au non-respect du SMIC.
Par ailleurs, l’alternance ne se résume pas à la seule question du salaire. La réforme de l’alternance a également fait évoluer les obligations des employeurs, tout comme les règles de participation financière des employeurs à l’apprentissage ou les aides à l’apprentissage accordées aux entreprises qui recrutent. Pour les employeurs, la question du financement de l’apprentissage reste d’ailleurs indissociable de celle de la rémunération.
Pour une vision d’ensemble du cadre juridique applicable à tout contrat de travail, y compris en alternance, notre page sur le contrat de travail rassemble les fondamentaux utiles au quotidien.
Sécuriser la rémunération alternance grâce à un SIRH
Entre les tranches d’âge, les années d’exécution, les niveaux de qualification et les conventions collectives, le calcul de la rémunération alternance multiplie les variables. Or une simple erreur de tranche ou un anniversaire mal anticipé suffit à faire basculer un bulletin de paie sous le minimum légal.
C’est précisément là qu’un SIRH bien paramétré change la donne. En centralisant les données contractuelles de chaque alternant, l’outil déclenche automatiquement les revalorisations liées à un changement d’âge ou de tranche, applique la grille légale ou conventionnelle la plus favorable, et alerte les équipes paie avant toute anomalie. La gestion de la paie gagne ainsi en fiabilité, et l’entreprise limite fortement le risque de contentieux. Notre solution dédiée à la rémunération et aux avantages salariés a justement été pensée pour ce type d’enjeu, alternance comprise.
Sources : Code du travail, article D6222-26 ; Ministère du Travail, revalorisation du SMIC au 1ᵉʳ juin 2026.


