Un salarié peut prendre ses congés payés pendant son préavis, mais tout dépend de la date à laquelle ils ont été posés et validés. Si l’employeur les a acceptés avant la notification de la rupture, ils s’imposent normalement. Sinon, aucune des deux parties ne peut les décider seule.
Cette question revient à chaque démission, licenciement ou rupture conventionnelle. Or une erreur de lecture peut coûter cher, que ce soit en indemnité compensatrice mal calculée ou en préavis mal décompté. Voici comment trancher chaque situation.
Le principe : tout dépend de la date de dépôt des congés
La règle repose sur un seul critère chronologique. Il faut comparer la date de validation des congés à la date de notification du préavis. Ce point de départ détermine tout le reste.
Deux cas se présentent alors, et ils ne produisent pas les mêmes effets pour le salarié comme pour l’employeur.
Les congés ont été validés avant la notification du préavis
Dans ce cas, le salarié prend ses congés aux dates initialement prévues. L’employeur ne peut pas les annuler unilatéralement, sauf accord des deux parties. Le préavis, de son côté, est suspendu pendant toute la durée du congé.
Concrètement, cela signifie que la date de fin de contrat recule d’autant. Ce mécanisme protège le salarié, qui ne perd ni ses congés déjà planifiés ni la durée complète de son préavis.
Les congés n’ont pas été validés avant la notification
Ici, la situation change radicalement. Ni l’employeur ni le salarié ne peuvent imposer une prise de congés durant le préavis. Toute décision doit résulter d’un commun accord entre les deux parties.
De même, le sort du préavis reste à négocier. Il peut être suspendu ou non, selon ce que les parties décident ensemble. Pour éviter tout litige ultérieur, formalisez systématiquement cet accord par écrit, même par simple échange d’e-mails.
Analyser ce sujet avec l’IA
Résumé, insights clés et recommandations personnalisées.
Congés et préavis selon le type de rupture du contrat
La nature de la rupture influence peu le principe général, mais elle change le contexte pratique. Voici les situations les plus fréquentes.
En cas de démission, le salarié pose souvent ses congés en anticipant son départ. Si la demande arrive après l’annonce de la démission, l’accord de l’employeur reste nécessaire. Notre article sur la démission par mail précise par ailleurs les conditions de validité d’une telle démarche.
En cas de licenciement, l’employeur dispose d’une marge de manœuvre plus large sur l’organisation du préavis, mais pas sur l’imposition unilatérale de congés non validés au préalable.
En cas de rupture conventionnelle, la date de fin de contrat est fixée d’un commun accord dans la convention de rupture. Les congés doivent alors se caler sur cette date, ce qui limite naturellement les conflits.
Fermeture d’entreprise pendant le préavis : un cas à part
La fermeture collective pour congés payés suit une logique différente. Le salarié peut être obligé de prendre ses congés du fait de cette fermeture, même s’il est en préavis. L’employeur n’a pas besoin de son accord individuel dans ce cas précis.
Toutefois, cette obligation a une contrepartie financière. Le préavis n’est pas suspendu par la fermeture. Le salarié perçoit donc deux indemnités distinctes : une indemnité compensatrice pour la partie du préavis qu’il n’a pas pu effectuer, et l’indemnité compensatrice de congés payés correspondant à la période de fermeture.
Si le salarié n’a pas assez de jours acquis pour couvrir toute la fermeture, la situation se complique encore. Notre article dédié détaille les solutions possibles : fermeture pour congés payés, que faire sans droits suffisants ?
Calculer l’indemnité compensatrice de préavis et de congés
Le calcul de ces indemnités demande de la rigueur, car deux périodes distinctes se superposent. L’indemnité de préavis se base sur le salaire que le salarié aurait perçu s’il avait travaillé. Elle inclut les primes habituelles et les avantages en nature.
L’indemnité de congés payés, elle, suit une règle différente. Deux méthodes de calcul coexistent, et l’employeur doit retenir la plus favorable au salarié. Pour appliquer la bonne formule, consultez notre guide sur le calcul de l’indemnité de congés payés.
Sécuriser la gestion des congés pendant un préavis
Un préavis mal géré débouche souvent sur un désaccord au moment du solde de tout compte. Le salarié peut alors refuser de signer le document, en attendant une régularisation. Notre article sur le solde de tout compte non signé explique les conséquences de ce refus pour l’employeur.
Par ailleurs, une date de congés mal posée ou mal actée génère un risque de contentieux devant le conseil de prud’hommes. Documenter chaque accord évite ce type de litige, surtout lorsque les congés n’ont pas été validés avant l’annonce du départ.
Pourquoi un SIRH évite les erreurs de calcul en période de préavis
Le croisement entre solde de congés, date de préavis et indemnités compensatrices multiplie les risques d’erreur en paie. Un compteur de congés mal actualisé, une date de fin de contrat erronée ou un oubli d’indemnité se paient cash au moment du solde de tout compte.
À l’inverse, un système qui relie automatiquement les dates de contrat, les compteurs de congés et les règles de calcul limite fortement ce risque. Chaque cas de rupture applique alors la bonne formule, sans ressaisie manuelle. Découvrez notre logiciel de gestion des absences pour fiabiliser ce suivi.
FAQ sur les congés payés et le préavis
Un salarié peut-il poser des congés pendant son préavis ?
Oui, si l’employeur les valide. En revanche, aucune des deux parties ne peut les imposer seule si la demande arrive après la notification du départ.
Le préavis est-il suspendu pendant les congés payés ?
Cela dépend du moment de validation. Si les congés étaient posés avant l’annonce du départ, le préavis est suspendu. Sinon, les parties décident ensemble.
Que se passe-t-il si l’entreprise ferme pendant le préavis d’un salarié ?
Le salarié doit respecter la fermeture, mais le préavis n’est pas suspendu. Il touche à la fois l’indemnité de préavis non effectué et l’indemnité de congés payés.
Peut-on annuler des congés déjà validés avant un préavis ?
Oui, mais uniquement d’un commun accord entre l’employeur et le salarié. Aucune des deux parties ne peut le faire unilatéralement.
Comment éviter un litige sur les congés pendant un préavis ?
Mettez systématiquement l’accord par écrit, même de façon simple, dès que les congés ou le sort du préavis sont négociés après la notification du départ.
Pour aller plus loin :



